
La commune du plateau vue d'un balcon d'une chambre de l'Hôtel Ivoire (Cocody)
Adjamé, boulevard Nangui Abrogoua un tas d’immondices jonche la rue. Tout près de là, une jeune dame, vendeuse de légumes étale ses produits. Des passants un peu contrariés essaient de se frayer un chemin entre ses ordures.
D’ici peu de temps, il sera difficile de circuler dans la zone. Car quelques chauffeurs de taxis compteurs, avec leurs mauvaises conduites viendront imposer leur désordres habituels. Le décor est ainsi planté pour une ambiance quotidienne qui prévaut du côté du forum des marchés et dans presque tous les endroits de la commune d’Adjamé.
On peut se demander alors si un touriste voudra t –il bien traverser ce gros village Ebrié dans ce décor ?
Une réponse négative peut traduire que cette commune ne présente pas d’attractions touristiques ou d’infrastructures pouvant fasciner d’éventuels visiteurs. Tout comme Adjamé, certaines communes du district d’Abidjan sont déconseillées aux visiteurs étrangers. C’est vrai que pour des raisons sécuritaires cela peut être concédé, cependant d’autres peuvent en exister.
Pourquoi un touriste devrait t-ils séjourner à Cocody, au Llateau, à Marcory-Zone 4 et non pas à Abobo, à Attécoubé ou même à Yopougon?
Si la recherche perpétuelle de sensations et de nouvelles découvertes sont des mobiles qui influencent le touriste dans le choix de sa destination, le désordre et le visage piteux présenté par certaines localités ne sont-ils pas des motifs pour attirer des touristes ? Bref. De ce fait faudrait-il donc admettre qu’un touriste puisse acheter son billet d’avion pour aller découvrir la ville la plus insalubre du monde ?
Les spéculations vont de bon train mais pour l’heure voici quelques communes à Abidjan qui ont de la peine à séduire des visiteurs étrangers
La commune d’Abobo
Abobo, les infrastructures hôtelières abondent. Mais elles sont exclusivement destinées aux clients friands de chambres de passe. Ces hôtels « Ampoules rouges » ne disposent pas de commodités aux normes internationales pour satisfaire une clientèle sérieuse. C’est pourquoi, un touriste à Abobo ne va se contenter que d’une simple visite du zoo d’Abobo et de la découverte de la forêt du banco véritable attraction qui fait l’objet de curiosité. Très méconnu par la population ivoirienne ce vaste espace protégé est pourtant un potentiel pour le développement de l’écotourisme.
La commune de Yopougon
Yopougon avec sa célèbre « rue princesse » rasée et à la grande satisfaction des autorités, vient de perdre sa fibre touristique. En tout cas au delà de l’image que chacun garde de la commune , sa fameuse rue a durablement été l’un des plus prestigieux pôles d’attraction de la commune la plus vaste d’Abidjan. Ils sont nombreux à avoir pleuré la mort de ladite rue mais les pleurs n’ont rien pu faire face à la hargne des bulldozers coptés pour la détruire. Que reste-t-il de « Yop » la cité de la joie. Car même le » Bada bar » (bar dans lequel on ne distille que la musique originaire du centre-ouest du pays) a volé en éclat.
Avec l’île Boulay Yopougon peut se réjouir d’être une destination touristique. Du cimetière des bateaux en passant par la baie des milliardaires, l’ile aux serpents, le village Ossibissa et surtout avec cette façade lagunaire qui longe la commune depuis Abobodoumé jusqu’à proximité de la commune de Jacqueville. « Yop » est à promouvoir.
Attécoubé,Williasme, Treichville et les autres communes
Que diront-nous d’Attécoubé, de Williamville sans oublier la commune de Treichville, de Koumassi ? Il ya t-il de quoi à découvrir dans ces communes ? Faites un tour et vous vous rendriez compte que ces cités ont du potentiel pour un développement d’activités touristique mais pas valorisées. Ces communes, vous ne les trouverez jamais citées dans une brochure qui fait la promotion de la destination Côte d’Ivoire.
Cocody, Plateau, Marcory les communes qui attirent les touristes
Cocody, Plateau (le centre des ses affaires avec ses impressionnants immeubles) et Marcory (commune où la plupart des expatriés résident) se partagent quasiment toutes les dividendes liées aux différentes recettes obtenues par les différentes activités touristiques. Cela est certainement dû en partie aux infrastructures qu’elles disposent (Hotels, restaurants avec specialités internationales, salles équipées, surpers et hypers marchés ect..) et peut être d’une volonté politique de doter ces communes d’infrastructures touristiques.
D’aucun diront que le niveau de vie des habitants de ces communes (disposant de plusieurs quartiers résidentiels de grands hôtels, centres commerciaux, musées ect..) influence considérablement le développement des activités touristiques.
A-t-on besoin d’être riche pour rendre sa citée propre et reluisante? Adjamé ce grand centre d’activités commerciales n’a t-il pas les moyens de gérer ses ordures developper des espaces verts pour le bien être de ses habitants? A quoi servent toutes les taxes communales perçues par les instances dirigeantes ?
Assez d’interrogations posées qui sans doute trouvent leur réponse avec une prise de conscience des acteurs du développement des collectivités locales. S’ils ont des projets pour développement du tourisme de leurs différentes localités, Abobo , Attecoubé Williasmville et les tous autres commun pourront certainement rêver de voir désormais des touristes visiter leur cité.